Publications en revue (une sélection)
« D’écho en écho / tu consignes en ta parole / les interférences du monde »
Tanella Boni

« Tu voles au-dessus des rues / comme on chute dans ses tripes / avant l’âge des livres / Emily Dickinson en colère »
Extrait de « Hauteurs », un texte-hommage à Geneviève Desrosiers.

«Un : ailleurs
Ailleurs c’est comment? / Petit. / Petit comment? / Tout petit. Ailleurs, c’est soi. / Le mur : soi. La pénombre : soi. / Ailleurs le même. / Acheter posséder s’asseoir. / Les choses nous regardent / pèsent sur nos paupières. / Et l’on ne se lève pas.
Extrait de « Onze leçons pour mon miroir ».
Contenu du numéro accessible gratuitement en ligne (www.mitra.ca).

« La porte de feu / le seuil où les chemins se disloquent / nous y voilà / tu vois ce moment / où les oiseaux sont trop lourds / pour les arbres qui les portent / tu contemples le noir / qui te tire par les pieds / tu ignores comment on s’accroche / tu glisses / et tu glisses »
Extraits de « Berce ta peur. Lettres à une insomniaque »
Contenu du numéro accessible gratuitement en ligne (revuepossibles.ojs.umontreal.ca).

« Comme lorsqu’en enfance / On est tellement dans le monde / Que le monde nous avale / Et que tout est lien / Et que tout est pores qui nous respirent »
Extrait d’« À l’heure de bascule ».
« Sous ces mots roulent des torrents de pierres et des eaux dévorantes en des bouquets si sobres qu’en regardant nos mains vides, nous ne nous étonnons plus d’y voir pousser le monde. »
Extrait d’« Anne, ma soeur Anne ».

« Quarante ans dans une intimité qui parle à ma chair, dans les plus jolis moments, les plus solitaires, les plus vifs, les plus à vifs. C’est une poésie de tous les instants, qui les recolore, en caresse les volumes, en précise les traits, en salue la beauté et la détresse.»
Extrait de « Des poèmes tissés dans le jour».
Numéro en hommage à Marie Uguay codirigé par Mireille Cliche et Nancy R. Lange.

« Leurs prières païennes leurs psaumes muets / je te les dédie / j’attends les mots de ton errance / qu’ensemble nous retrouvions / les photos cornées de ton village / et portions à deux / un peu de cette poussière nauséabonde / qui leste chacune de tes heures »
Extrait de « Géodes ».

« Que les timorés s’effacent / et que règnent les incendiaires / nous courons vers la lumière / à la lueur des explosions»
Extrait de «Turbulence ».

« Les hommes et les femmes s’étreignent / au-dessus du support à épices / silencieusement sans se toucher / regardent ensemble se dégorger / une autre chair que la leur / pour le festin du soir »
Extraits de « Géométrie variable ».

« Je vais si loin il me semble aller nulle part / mon chemin se lave de toutes ses couleurs / ma voix pâlit à se frotter sur les pierres / aucun courrier ne s’use sur ma peau / au-dessus du coeur / pas même une enveloppe au toucher d’écorce »
Extrait de « Ruptures ».

« L’histoire commence avec la commande de Bertrand. Le stylo vibre de mon enthousiasme inverse et de ma foi.
Je hais Marguerite Yourcenar. Absurdement, injustement, sachant que je n’égratignerai jamais les monuments qu’elle a laissés. »
Extrait de « Grandeur en rade ».

« Dans le parler inconnu des cimes / tenter d’étreindre l’infini et l’infime / se dissoudre à l’avance / par besoin par incapacité de prier / parce qu’on ne croit à rien / ou alors à trop / à l’amour sans nom ni visage »
Extrait de « Rien ».

« À cette heure où la timidité vient / loupe brûlante sur le tango douloureux / des corps mûrissants / on dresse la carte des blessures »
Extrait de « Trembler ».

« Dans son dénuement elle savait / que rien ne rachète rien / aucun échafaudage aucune construction / aucun Taj-Mahal du coeur / la peur est le ciment / des familles mal foutues »
Extrait de « Miroirs ».

« Cet amour cherche le souffle qui le mènerait à la parole. Je suis à court d’oiseaux dans ma magie ordinaire, tant ma volée inquiète picore ses limites.
Mais s’il te faut monter, je serai sherpa jusqu’à ces territoires que j’ignore.
Explorant ensuite mon automne d’or dans un univers parallèle. »
Extrait de « Pique-nique sur le schiste».

« qu’est-ce que le nombre me demande / une enfant un peu précoce / les mots dansent et fuient je cherche / elle me renverse comme un dé en se levant / murmure le ciel la foule et puis la mer / je sais à nouveau qu’il faut être / du nombre pour compter dorénavant»
Extrait de « Dresseur d’illusions ».

